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Les avocats des meneurs du Hirak sont optimistes “La grâce royale interviendra”

CHRONIQUES Z- NEWSLETTER (matin) / 11 juillet 2018 - Par: LA VÉRITÉ avec MAP
Les avocats des meneurs du Hirak sont optimistes  “La grâce royale interviendra”

L’avocat qui s’est fait remarquer dans le procès du patron de presse Bouachrine, poursuivi dans une affaire de fesses, est celui là même qui défend les meneurs du Hirak, avec Nasser Zefzafi en tête, et autres contestataires en quête de causes plus ou moins justes à l’image du journaliste Hamid Mahdaoui, véritable cascadeur-passeur d’histoires incongrues.

L’horizon de l’espoir pour ces âmes éprouvées semble se rétrécir pour s’incruster dans l’ensemble du double chiffre 30. Plus explicitement le 30 juillet, jour de la fête du trône au cours duquel Me Hajji avance et annonce dans une déclaration télévisuelle.

A s’en tenir au bonheur affiché, sans restriction, sur le visage de l’avocat de Tétouan, les jours de détention de Zefzafi sont comptés. Premier signe de ce tournant qui pourrait être spectaculaire: l’acceptation par le leader du Hirak d’Al Hoceima de faire appel à la suite du verdict prononcé à son encontre ainsi qu’à l’encontre de ses compagnons.
Le défenseur du jeune tribunitien, dont le lyrisme débordant lui faisait parfois dépasser les lignes rouges, a fait montre d’une alcarité remarquable en miroitant pour une proche échéance la liberté retrouveée pour Zefzafi et les autres. Le dénouement heureux de cette tension sociale, que d’aucuns tentent de récupérer avec le dessein avoué d’affaiblir le régime, serait la conséquence d’une demande de grâce royale, selon Me Hajji.
Le peuple marocain tournerait ainsi définitivement la page de cet épisode marqué de turbulences stupides et dangereuses.
Les meneurs du Hirak avaient vraiment donné des sueurs à la majorité des Marocains que les discours-harangues de Zefzafi réduisaient à de simples occupants d’une terre dont les “originaires” ne leur reconnaîtraient ni drapeau partagé ni guide-Souverain. Dans les espaces médiatiques, ces postures prenaient des interprétations que faisaient grossir des avocats alarmistes comme Mes Ziane et Charia. C’est sans doute pourquoi zefzafi et ses compagnons s’en séparèrent et retouvent aujourdhui avec des avocats plus lucides la voie du salut.
Dans une région où le chômage est la seule réalité vécue par les alternances générationnelles, l’évocation de solutions miracles dilluées dans des séquences historiques éphémères soulèvent chez les jeunes de la région des mobilisations quasi-mystiques.
D’où cette attitude opportuniste de partis ou syndicats à faible assise populaire qui ont accouru dès le début de la ctise sociale pour récupérer une audience qui fait du chiffre et qui est, surtout, à bon marché.

Mais tout le monde savait que pour endiguer la crise dans le Rif, la mise en oeuvre de la fermeté de l’Etat constituait le préalable permettant à Mohammed VI d’user de son pouvoir d’amnistie.

Comme Me Hajji, beaucoup de Marocains, y compris ceux qui avaient traité leurs compatriotes de sales Arabes occupants, caressent l’espoir de voir le Roi Mohammed VI user de son pouvoir de grâce pour mettre fin à la détention des meneurs du Hirak du Rif à la veille de la fête du trône.

La Fête du Trône, le 30 juillet, apparaît, pour la première fois, comme un réel espoir pour les familles des détenus qui ont vécu cette phase dramatique de leur vie sans perdre leur confiance en la magnanimité du Roi.
Et comme le confirment les avocats des condamnés, rien n’a vraiment changé dans le système de la grâce royale. Car, outre son caractère sacré, qui décourage toute initiative politique, il s’agit aussi d’un précieux atout pour la monarchie, qui lui confère un pouvoir supérieur à celui de la justice.

Plusieurs médias s’étaient fait l’écho auparavant de déclarations émanant de personnalités s’étant prononcées sur une éventuelle grâce royale accordée aux détenus du Hirak d’Al Hoceima. Tous avaient prédit cette grâce et s’étaient dit très favorable à cette mesure qui relève des prérogatives constitutionnelles exclusives du Roi.

La grâce royale est incontestablement un outil taillé sur mesure pour “relancer l’ascension économique du nord du Royaume avec enfin un travail en profondeur pour une mise infrastructurelle et industrielle.” témoigne un militant de gauche tetouanais.Le Maroc a besoin de tous ses enfants, ajoute-t-il, pour faire face à l’inimitié des gouvernants d’Alger qui reprennent ces temps-ci du poil de la bête grâce à un renchérissement conjoncturel du prix du baril du pétrole.

Mohamed Nechnach, le coordinateur de l’initiative nationale pour le Rif et ex-président de l’Organisation marocaine des Droits de l’Homme (OMDH), avait déjà affirmé  que les détenus espèrent bénéficier d’une grâce royale qui demeure le seul moyen susceptible de leur faire retrouver la liberté.

Et d’ajouter: “Puisque la patrie est clémente et miséricordieuse à l’égard des citoyens du Sud, pourquoi ne le serait-elle pas avec les activistes du Rif”. Dans un document audio récemment attribué à Nasser Zefzafi, on pouvait entendre que selon le leader du Hirak: “les enquêtes ordonnées par le Souverain au sujet des projets de développement d’Al Hoceima et sa région apportent la preuve de l’innocence des détenus”. Alors, la Fête du Trône de cette année sera-t-elle cette fois la porteuse de bonnes nouvelles aux familles du Rif?

L’éditorial de Taoufiq Mohamed Bennani

 

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