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Point de mire : Les dérives d’Ould Abdel Aziz

CHRONIQUES Z- NEWSLETTER (matin) / 01 juillet 2018 - Par: Amrani
Point de mire : Les dérives d’Ould Abdel Aziz

Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, a ouvert dimanche 1er juillet 2018 le 31e Sommet ordinaire de l’Union africaine (UA) à Nouakchott, axé sur le renforcement de l’intégration continentale.

La première grande remarque des représentants de la presse internationale était le drapeau de la RASD qui flotte officiellement pour la première fois sur Nouakchott à l’occasion de ce sommet, avec celui des autres membres de l’UA. Mais plus provocateur encore, au moment où les observateurs pensaient qu’un vent d’apaisement soufflait sur les relations bilatérales entre la Mauritanie et le Maroc, c’est la déclaration du président Mohamed Ould Abdel Aziz, deux jours auparavant, au micro de la chaîne de télévision France 24. Le « peuple sahraoui vit une situation dramatique », a-t-il affirmé, ne faisant évidemment pas allusion aux populations de Tindouf, région que contrôle les militaires algériens en étouffant les voix des contestataires, mais plutôt à la population du Sahara marocain.

Contesté à l’intérieur de son pays, Mohamed Ould Abdel Aziz fait face depuis des années à une opposition qui renforce ses rangs par diverses composantes de la société mauritanienne. Le Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU), un collectif de l’opposition mauritanienne composé de partis politiques, d’organisations de la société civile, de centrales syndicales et de personnalités indépendantes, saisit l’organisation de le 31ème Sommet de l’UA pour interpeller les dirigeants africains sur la nature et le mode de gouvernance du régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz, à travers un long document publié mercredi 27 juin dans la soirée. Le collectif met en avant l’origine « putschiste » du pouvoir, «la dérive autoritaire » et «la mauvaise gestion » des affaires publiques. Le FNDU présente « un régime issu d’un coup d’Etat perpétré le 6 août 2008, qui fût condamné en son temps par l’Union africaine, et qui concentre tous les pouvoirs entre les mains de l’Exécutif, réduisant toutes les autres institutions à leur simple expression ». A titre d’illustration, le document cite le cas de l’Assemblée nationale « transformée en simple chambre d’enregistrement » et la suppression du Sénat dont la mission consistait « à veiller à l’autonomie des collectivités locales, qui a fait les frais d’un rejet d’un projet de révision constitutionnelle ».

 

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