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Rencontre sur le Judaïsme marocain

MAGHREB Z- NEWSLETTER (matin) / 15 novembre 2018 - Par: LA VÉRITÉ avec MAP
Rencontre sur le Judaïsme marocain

Les réalités et défis du Maroc contemporain ont été, mercredi 14 novembre 2018 à Marrakech, au centre d’une table-ronde organisée dans le cadre de la Rencontre sur le ”Judaïsme marocain: pour une marocanité en partage” , un événement placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Intervenant à cette occasion, M. Ahmed Herzenni, ambassadeur itinérant de Sa Majesté le Roi et ancien président du Conseil Consultatif des Droits de l’Homme, a souligné que l’Etat marocain a réalisé plusieurs acquis sur les plans politique et juridique, citant à titre d’exemple, la mise en place de l’Instance Equité et Réconciliation (IER) qui a permis de tourner la page des violations passées des droits de l’Homme.

Il a indiqué que le Maroc est appelé à persévérer sur la même voie en vue de consolider davantage son processus démocratique et des droits de l’Homme, mettant en avant une série de réalisations accomplies par le Royaume en matière de transition démocratique, notamment l’activation du rôle des associations, la réforme du Code de la Famille, la garantie de la liberté de manifestation et le renforcement de l’action syndicale.

D’autres progrès ont été aussi réalisés en matière d’in‐ frastructures, ainsi que dans le domaine du développe‐ ment social comme en témoigne l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) lancée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a poursuivi M. Herzenni. Il a, en outre, évoqué plusieurs défis à relever pour le parachèvement de la transition démocratique, notamment la réactivation des institutions de gouvernance tels que le CCME, la correction des dysfonctionnements qui mettent en péril les équilibres sociaux, le renforcement de la gouvernance, la promotion de l’emploi, des investissements et de l’esprit d’initiative, tout en accordant aux questions de la santé, du logement, de l’éducation et de l’environnement tout l’intérêt qu’elles méritent.

De son côté, le président de l’Université Ibn Zohr d’Agadir, Omar Halli, a souligné l’importance des aspects de la pluralité et de la diversité dans l’édification du Maroc de demain, rappelant que l’identité marocaine est une et indivisible, nourrie par ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen. Il a expliqué que le vrai retour à l’identité passe par le retour à la véritable diversité qu’a connue et connaît le Maroc, ajoutant que cette identité demeure riche et singulière par ses origines et ses racines.

M. Halli a, dans ce sens, mis en avant la place de choix qu’occupe l’affluent hébraïque dans la structure de l’identité marocaine, insistant sur l’impératif du retour sans complexe à la mémoire juive du Maroc et de la réhabilitation de la mémoire collective marocaine auprès des jeunes pour les sensibiliser sur la diversité qui distingue l’identité nationale. Il a, en outre, souligné le rôle que jouent les universités et les centres de la recherche scientifique au Maroc dans la mise en valeur des aspects de pluralité qui caractérisent la mémoire et la société marocaines.

Pour sa part, M. Driss Khrouz, économiste et directeur général de la Fondation Esprit de Fès, a mis l’accent dans son exposé sur les grandes avancées réalisées par le Maroc dans le domaine économique, citant à titre d’exemple le progrès notable enregistré dans le secteur des investissements publics et le développement remarquable en matière des énergies renouvelables. Il a, néanmoins, pointé du doigt certaines difficultés que connaît l’économie nationale, ce qui accentue le chômage des jeunes et diplômés, insistant sur la nécessité de lutter contre la pauvreté, la vulnérabilité et la marginalisation.

M. Khrouz a, par ailleurs, appelé à une nouvelle réflexion collective qui accorde une attention particulière au système de l’enseignement, à l’innovation et au monde digital. Il a indiqué que l’enseignement au Maroc ne doit aucunement être un espace d’identités fermées et que les programmes scolaires devraient être conçus de manière à rejeter toutes les idées préétablies et attentatoires à la diversité culturelle, linguistique et religieuse du Royaume, insistant sur le rôle de l’Institution d”’Imarat Al Mouminine” et de la Monarchie dans la garantie d’une pratique de la religion, qui soit en phase avec le contexte culturel marocain, et protectrice de la pluralité et de la diversité caractérisant le tissu sociétal marocain.

Quant à Mohamed Tozi, professeur de sciences politiques, il a mis en relief les avancées réalisées sur le plan constitutionnel et les mutations qu’a connues la société marocaine, avec un accent sur les réformes contenues dans la Constitution de 2011 et les moyens de leur mise en oeuvre optimale. Il a ainsi expliqué que la Loi fondamentale a insisté, entre autres, sur le respect de la diversité, la reconnaissance et la promotion des spécificités, la consolidation du principe de la corrélation entre responsabilité et reddition des comptes, et le renforcement de l’indépendance du pouvoir judiciaire.

M. Tozi a, par ailleurs, appelé à prendre conscience de l’importance du rôle à jouer par les élites politiques au sein de la société et dans le champ politique, avant de plaider en faveur de la réforme de l’action syndicale, eu égard aux difficultés auxquelles font face les syndicats. Sur un autre registre, le conférencier s’est attardé sur l’évolution continuelle que connaissent les réseaux sociaux et sur leur rôle devenu de plus en plus influent sur la prise de décisions à caractère politique. La rencontre sur le Judaïsme marocain est initiée par le Conseil de la Communauté Marocaine à l’Etranger (CCME), en partenariat avec le Conseil des Communautés Israélites du Maroc (CCIM), rappelle-t-on.

 

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