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Une diplomatie marocaine entreprenante pour un statut de partenariat avancé avec l’ASEAN

INTERNATIONAL Z- NEWSLETTER (apm) / 18 décembre 2018 - Par: Amrani
Une diplomatie marocaine entreprenante pour un statut de partenariat avancé avec l’ASEAN

Dans le cadre de sa stratégie de diversification de ses partenaires, le Maroc a déployé en 2018 une diplomatie entreprenante pour sceller ses relations avec l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN, 10 pays) à travers sa candidature au statut de Partenaire de Dialogue sectoriel (SDP) qui permet un cadre de coopération avancée avec ce groupement régional majeur en Asie.

Après l’adhésion au Traité d’Amitié et de Coopération (TAC) de l’ASEAN en 2016, la diplomatie marocaine a engagé en 2018 une nouvelle démarche ambitieuse pour conclure ce pacte de partenariat avancé à même de permettre au Royaume de se positionner dans un espace économique des plus dynamiques au Monde.

En février dernier, la secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Mme Mounia Boucetta, a présenté devant le comité des représentants permanents (CRP) des pays membres de l’ASEAN, le Plan d’Action de la candidature du Maroc au statut de partenaire de dialogue sectoriel.

Depuis, la diplomatie marocaine a enchaîné une série d’initiatives pour donner corps à cette candidature et étoffer les contacts avec les pays membres de l’ASEAN, tant au niveau bilatéral qu’au niveau des Institutions de ce groupement.

Echanges de visites, manifestations culturelles, projets concrets de coopération sectorielle, participation à des activités officielles d’institutions relevant de l’ASEAN, sont autant d’initiatives menées par la diplomatie marocaine auprès de ce groupement régional courant 2018. Dans cette perspective, l’année 2019 promet d’être décisive pour la candidature du Royaume au Statut de partenaire SDP de l’ASEAN avec l’accès de la Thaïlande à la présidence de ce groupement régional.

A la faveur d’une action diplomatique soutenue en 2018, la candidature du Maroc au statut SDP semble bien engagée vers l’aboutissement. En effet, plusieurs pays membres de l’ASEAN relevant de la représentation diplomatique du Royaume à Bangkok ont déjà déclaré officiellement, courant 2018, leur soutien à la candidature du Maroc au statut de Partenaire de dialogue sectoriel. Il s’agit du Cambodge, du Laos et du Myanmar qui représentent avec la Thaïlande près de 40% de l’ASEAN.

Les relations entre la Thaïlande et le Maroc ont atteint un niveau d’excellence à la faveur des liens bilatéraux assez anciens et des affinités politiques et économiques entre les deux Royaumes. En effet, les deux pays occupent des positions stratégiques par rapport à leurs régions respectives offrant des portails sur de vastes marchés et de grandes opportunités économiques et commerciales.

A travers cette démarche, le Royaume, fort de sa position stratégique et son développement ouvert sur son environnement continental et international, a fait le pari de s’offrir un accès sur un marché de 650 Millions de consommateurs (8,8 pc de la population mondiale) avec un PIB de 2.600 milliards de dollars. La zone ASEAN, une puissance économique majeure en devenir, affiche les taux de croissance les plus élevés au monde avec une moyenne annuelle autour de 6 pc.

Le groupement des 10 pays de l’ASEAN, dont la vocation économique a été confirmée après la création de sa Communauté Economique (AEC) le 31 décembre 2015, est désormais une puissance régionale à fort potentiel. Cette intégration économique devra aboutir, à terme, à un marché unique, aux contours proches du modèle européen, garantissant la libre circulation des biens et des services, des capitaux et des travailleurs.

Etant le premier pays arabe et africain à postuler à un tel statut de partenariat avec l’ASEAN, le Royaume ne manquera pas de susciter l’intérêt du groupement asiatique en tant que partenaire doté d’une position stratégique entre deux continents, l’Europe et l’Afrique, et au carrefour des grandes routes maritimes du commerce international, sans oublier les accords de libre-échange conclus par le Royaume qui offrent un accès à de grands marchés au niveau mondial.

D’autre part, les avantages comparatifs dont dispose le Royaume constitueraient des attraits déterminants dans l’outsourcing des groupes asiatiques multinationaux opérant notamment dans les secteurs du textile, des industries automobiles, de l’aéronautique, de l’industrie pharmaceutique, des nouvelles technologies, des industries chimiques, du tourisme, de l’hôtellerie, de l’agro-alimentaire, ainsi que ceux des banques et d’assurances.

Des secteurs où le Maroc a bel et bien réussi à asseoir son leadership au niveau de l’Afrique, devenant ainsi un partenaire idéal pour toute stratégie d’implantation sur le continent. Le Royaume, au carrefour de deux espaces maritimes et à la croisée de l’Europe, de l’Amérique, de l’Afrique et du monde arabe, est amené à jouer sa carte de plateforme de compétitivité et de hub régional pour les flux commerciaux à travers sa plateforme portuaire Tanger Med, desservant la rive sud de la méditerranée et la côte atlantique dans sa profondeur stratégique ouest-africaine.

La visite de prospection au Maroc d’une délégation composée de 35 chefs d’entreprises thaïlandais et l’organisation du premier Forum économique MarocoThaïlandais à Casablanca, illustre parfaitement l’intérêt du Royaume pour les économies émergentes de l’Asie du Sud-Est désireuses de se positionner sur une zone stratégique au croisement de deux continents. Par ailleurs, la diplomatie parlementaire n’est pas en reste dans cette offensive diplomatique et joue pleinement sa partition sur le projet d’adhésion au statut SDP. Une délégation parlementaire marocaine a ainsi pris part, début septembre à Singapour, à la 39ème session de l’Assemblée interparlementaire de l’ASEAN (AIPA).

Cette participation s’inscrit dans le cadre de la contribution de la première Chambre du Parlement au renforcement des relations de coopération avec les pays de l’Asie du Sud-est et sa volonté d’obtenir le statut d’observateur au sein de l’AIPA. C’est dans ce cadre qu’intervient, courant décembre, la visite au Maroc d’une délégation de l’Assemblée nationale de la Thaïlande, conduite par la présidente de sa Commission des Affaires étrangères, Bilaibhan Sampatisiri. Sur le volet de la coopération sectorielle, un groupe de travail conjoint a tenu en novembre dernier sa première réunion à Hua Hin (sud de la Thaïlande) pour la mise en œuvre d’un ambitieux programme de coopération entre le Maroc et la Thaïlande dans le domaine de la formation et de la recherche scientifique.

Dans le secteur technique, l’expérience marocaine dans le domaine de l’agriculture et de la gestion des ressources hydriques est bien appréciée par des pays membres comme le Cambodge. Plusieurs visites ont été effectuées de part est d’autre courant 2018 pour mettre au point des programmes de coopération dans les secteurs de l’agriculture, de l’irrigation et des énergies renouvelables.

En 2019, l’action diplomatique marocaine s’engage ainsi sur la dernière ligne droite de la candidature au statut SDP auprès de l’ASEAN. Un acquis de taille qui ne manquera pas de rehausser les atouts du Royaume en tant que plateforme régionale majeure dans une économie globalisée et occuper la place qui lui sied dans le concert des Nations.

Par Driss Hidass

 

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